Rénover le bâti ancien : les points clés

vendredi 3 novembre 2023 | L'éco-rénovation

La France est riche d’un patri­moine construit au fil des siècles et mira­cu­leu­se­ment bien conser­vé, même s’il a par­fois été mal réno­vé. Il existe ain­si une dizaine de mil­lions de loge­ments de type ancien à réha­bi­li­ter et nom­breux sont ceux qui s’at­tèlent à la tâche, par goût de l’au­then­tique ou pour des rai­sons de coûts. Mais atten­tion, le bâti ancien – mai­sons en pierre, en briques pleines, pisé, adobe, pans de bois, brique de terre cuite poreuse… – a des par­ti­cu­la­ri­tés qui néces­sitent des pré­cau­tions et de mau­vais choix peuvent abou­tir à des catas­trophes !

Le bon diagnostic

Atouts et contraintes

Avant de se lan­cer dans les tra­vaux, une approche glo­bale est néces­saire : c’est l’occasion de repen­ser le bâti­ment pour l’adapter à nos modes de vie actuels et futurs. Il fau­dra notam­ment iden­ti­fier les atouts et contraintes de son implan­ta­tion au regard des apports solaires, de l’expo­si­tion aux vents et à la pluie, des usages, etc. Une pre­mière étude sur le volet « bio­cli­ma­tisme » per­met de faire res­sor­tir les oppor­tu­ni­tés de modi­fi­ca­tions des façades et des toi­tures en vue d’améliorer les apports solaires et de tirer le meilleur par­ti de l’environnement immé­diat.

Si l’électricité doit être refaite, on posi­tion­ne­ra le tableau élec­trique dans le volume chauf­fé pour faci­li­ter le trai­te­ment de l’étanchéité à l’air par exemple. Il fau­dra ensuite éta­blir des prio­ri­tés avec dans l’ordre :

  • sup­pri­mer tous les désordres (struc­ture solide, sup­ports sains)
  • ven­ti­la­tion
  • toi­ture
  • murs
  • menui­se­ries (fenêtres et portes)
  • sol/plancher bas
  • sys­tème de chauf­fage

Quel budget ?

Si le bud­get est contraint, il fau­dra réa­li­ser un pha­sage des opé­ra­tions qui per­met­tra de réa­li­ser en prio­ri­té les tra­vaux ayant le plus d’impact sur la per­for­mance et ceux qui seront impos­sibles par la suite. On en pro­fi­te­ra pour inté­grer les uti­li­tés qui anti­cipent la réa­li­sa­tion des tra­vaux futurs (réser­va­tions, pas­sages de gaines, etc.). Il s’agit de ne pas mettre en péril finan­ciè­re­ment et tech­ni­que­ment le poten­tiel d’économie d’énergie et les tra­vaux à venir.

Le bâti ancien a par­fois subi des modi­fi­ca­tions au siècle der­nier, notam­ment avec l’apparition des enduits à base de ciment ou orga­niques. En résulte bien sou­vent des traces d’humidité, voire de sal­pêtre, qui dis­pa­rai­tront très vite en fai­sant tom­ber cette bar­rière étanche et en la rem­pla­çant par un enduit ouvert à la dif­fu­sion de vapeur (dit pers­pi­rant). C’est pour­quoi avant de mener toute démarche de réha­bi­li­ta­tion, il est néces­saire de son­der les parois afin de bien en connaître la com­po­si­tion. D’ailleurs, notons que ce bâti ancien pré­sente bien sou­vent des per­for­mances ther­miques et de confort bien supé­rieures aux bâti­ments construits après 1948…

La réglementation

Les bâti­ments construit avant 1948 sont sou­mis à la règle­men­ta­tion ther­mique dite « RT exis­tant, élé­ments par élé­ments », néan­moins des pré­cau­tions sont prises quant au res­pect et à la péren­ni­té du bâti : ain­si, l’isolation des parois opaques n’est pas exi­gée pour les maté­riaux anciens (article 2 – arrê­té du 3 mai 2007), en rai­son de risque d’isolation rap­por­tée non com­pa­tible avec le mur d’origine. Pour les monu­ments his­to­riques ou les bâti­ments situés en espace pro­té­gé et béné­fi­ciant d’une règle­men­ta­tion spé­ci­fique, des dis­po­si­tions par­ti­cu­lières existent, se ren­sei­gner auprès de l’Unité dépar­te­men­tale de l’architecture et du patri­moine.

Le fonctionnement hygrométrique des parois anciennes

Fonctionnement hygrométrique ds parois anciennes, bati ancien

Granite, cal­caire, grès, schiste, meu­lières, brique, pisé, bauge, adobe, tor­chis... les parois anciennes recouvrent une large palette de com­po­si­tion, d’autant qu’elles sont consti­tuées de maté­riaux locaux et natu­rels : un tor­chis nor­mand est dif­fé­rent d’un tor­chis alsa­cien par exemple. Mais la par­ti­cu­la­ri­té com­mune de ce type de bâti est de lais­ser libre­ment la vapeur d’eau migrer dans les parois et s’échapper natu­rel­le­ment à l’extérieur lorsque son taux s’élève à l’intérieur. Isoler ce type de paroi avec un iso­lant étanche (par exemple, du poly­sty­rène, poly­uré­thane, iso­lants minces réflé­chis­sants) pour des rai­sons de coûts peut s’avérer dan­ge­reux pour la péren­ni­té des parois.

Doc. Climaxion


La modi­fi­ca­tion des échanges gazeux ne sera pas visible de suite, sur­tout si un pare­ment cache la nature du mur. A terme, c’est le déve­lop­pe­ment de moi­sis­sures, puis la dété­rio­ra­tion des qua­li­tés méca­niques du mur qui peut se pro­duire. Rappelons qu’un air sec à 20 °C peut absor­ber 17,30 g d’eau par mètre cube, contre seule­ment 3,2 g à ‑5°C. Ainsi, en hiver, l’air chaud inté­rieur est sen­si­ble­ment plus char­gé en vapeur d’eau. L’humidité de l’air inté­rieur va cher­cher à tra­ver­ser les murs pour s’équilibrer avec l’air plus sec de l’extérieur, et va pas­ser au tra­vers de couches de plus en plus froides, par­fois jusqu’au point de rosée, lieu de conden­sa­tion.

C’est pour­quoi la pose d’un pare-vapeur non conti­nu ou le col­lage d’un dou­blage ne fera que concen­trer le pro­blème… Pour que l’humidité ne s’accumule pas en migrant de l’intérieur vers l’extérieur, les maté­riaux doivent être de plus en plus ouverts à la dif­fu­sion de vapeur (Sd de plus en plus faible), et l’on pré­fè­re­ra des frein-vapeurs hygro­va­riables aux pare-vapeurs pour leur poten­tiel de séchage en période de dif­fu­sion inverse.

Attention, ce phé­no­mène de migra­tion de vapeur d’eau (plus ou moins homo­gène dans les parois) est dif­fé­rent des infil­tra­tions et exfil­tra­tions d’air para­sites par défaut d’étanchéité.

La maîtrise de la circulation d’air

Plus de vapeur d’eau…

Car l’autre par­ti­cu­la­ri­té de ce type de bâti­ment réside dans son renou­vel­le­ment d’air. Il était le plus sou­vent assu­ré natu­rel­le­ment par les fuites induites par les menui­se­ries anciennes et les sys­tèmes construc­tifs, et par un mode de vie dif­fé­rent : on se chauf­fait moins car l’ac­ti­vi­té phy­sique était supé­rieure à celle d’au­jourd’­hui. On uti­li­sait moins d’eau, lavait et séchait le linge à l’extérieur… et donc pro­dui­sait moins de vapeur d’eau dans les mai­sons. Ce chan­ge­ment de mode de vie impose de choi­sir une ven­ti­la­tion adap­tée à ces hausses régu­lières de l’humidité de l’air.

… donc ventilation indispensable !

La deuxième erreur consiste donc à rem­pla­cer les huis­se­ries et col­ma­ter ces fuites sans pré­voir de sys­tème de ven­ti­la­tion quel qu’il soit… On choi­si­ra donc les menui­se­ries en tenant compte du mode de ven­ti­la­tion du bâti­ment : si la ven­ti­la­tion est simple flux, on pré­voi­ra des ori­fices de ven­ti­la­tion inté­grés dans les menui­se­ries situées dans les pièces à vivre. Si la ven­ti­la­tion est double flux, on pré­voi­ra des menui­se­ries par­ti­cu­liè­re­ment étanches à l’air et sans ori­fices.

Attention aux fuites

On sera éga­le­ment atten­tif aux fuites pro­ve­nant d’anciens conduits de che­mi­née, même condam­née. Si pour des rai­sons patri­mo­niales des ouver­tures anciennes doivent être conser­vées, l’intégration de sas d’entrée, la trans­for­ma­tion de bal­cons ou log­gia en jar­din d’hiver ou la pose d’une double fenêtre peuvent être des pistes d’amélioration du confort.

Enfin, dans cer­tains cas, il peut être judi­cieux de construire une deuxième enve­loppe moderne à l’intérieur de la pre­mière ce qui per­met de conser­ver tout le cachet appa­rent de l’ancien si c’est le but recher­ché.

Attention à l’eau !

Magnifique sauvetage d'une maison à pans de bois à Toucy (89). La toiture refaite en anciennes tuiles plates de Bourgogne a été isolée en fibre de bois. Entre les pans de bois, remplacés lorsque nécessaire, remplissage en torchis allégé (terre-paille), isolation intérieure en fibre de bois. (Voir Habitat Naturel n° 66).
Magnifique sau­ve­tage d’une mai­son à pans de bois à Toucy (89). La toi­ture refaite en anciennes tuiles plates de Bourgogne a été iso­lée en fibre de bois. Entre les pans de bois, rem­pla­cés lorsque néces­saire, rem­plis­sage en tor­chis allé­gé (terre-paille), iso­la­tion inté­rieure en fibre de bois. (Voir Habitat Naturel n° 66).

Tout comme dans des mai­sons de fac­ture plus récente, il faut réno­ver bien tout de suite pour ne pas avoir à y reve­nir plus tard… Quelle que soit la situa­tion de départ, il fau­dra sys­té­ma­ti­que­ment étu­dier le che­mi­ne­ment de l’eau sur tous les élé­ments de façade et de toi­ture de manière à pré­ve­nir toute infil­tra­tion d’eau dans l’enveloppe du bâti­ment, d’autant plus si celui-ci y est sen­sible (pisé, brique, pierre tendre…) : débords de toi­ture, gout­tières, des­centes d’eau, cani­veaux et points de récu­pé­ra­tion, écou­le­ment de l’eau sur tous les élé­ments en saillie de la façade…

Si des traces d’humidité sont appa­rentes (sal­pêtre, moi­sis­sures, enduits dégra­dés…) et qu’elles ne résultent pas de la mise en place pré­cé­dente d’éléments étanches et non capil­laires enduits ciment, pein­tures acry­liques, dalle béton), des solu­tions sont pos­sibles : drai­nage des murs humides, injec­tion de résine, prin­cipe de trai­te­ments osmo­tiques.

On lais­se­ra sécher le mur au moins 6 mois avant tout tra­vaux d’isolation. Si la pré­sence d’humidité est inévi­table, on pren­dra en compte la capa­ci­té de séchage des iso­lants mis en place.

Les actions sur la bâti ancien

Isolation du sol

Dalle chaux-chanvre réalisée dans une maison en pierre. Voir n°95
Dalle chaux-chanvre réa­li­sée dans une mai­son en pierre. Voir n°95

Le sol de ces mai­sons anciennes est bien sou­vent sur terre-plein, en contact avec le sol d’origine. Ces sols sont sou­vent conçus pour res­ter sains et jouent un rôle inté­res­sant en confort d’été de par leur iner­tie ther­mique. Si la sen­sa­tion de sol froid est source d’inconfort, on pour­ra l’améliorer avec la pose d’un revê­te­ment tex­tile (laine, sisal).

Une alter­na­tive à la dalle déso­li­da­ri­sée, iso­lée en sous face, consiste à réa­li­ser une dalle en béton iso­lant comme le béton de chanvre ou le béton de roche vol­ca­nique. Il fau­dra alors décais­ser pour créer un héris­son ven­ti­lé (Misapor par exemple) qui per­met­tra d’éviter les remon­tées capil­laires et d’évacuer l’humidité en sous face de la dalle.

Les patho­lo­gies les plus répan­dues sont une fois de plus dues à l’humidité (drains bou­chés ou sup­pri­més, per­tur­ba­tion des eaux sou­ter­raines…) L’intervention sera alors néces­saire : enlè­ve­ment du sol exis­tant et rem­pla­ce­ment. Ce sera alors l’occasion de mettre en place une iso­la­tion ther­mique effi­cace. Attention, les solu­tions com­por­tant un film étanche ou un iso­lant étanche sont à pros­crire : l’humidité conte­nue dans le sol ira se concen­trer dans les murs péri­phé­riques créant ain­si de nou­veaux désordres…

Planchers bois et pont thermique

En pré­sence de plan­chers en bois, si l’on se contente d’isoler au-des­sus et en des­sous du plan­cher, on laisse un pont ther­mique impor­tant et aucune bar­rière pour régu­ler la migra­tion de vapeur d’eau dans l’épaisseur du plan­cher. Il est donc très impor­tant d’assurer la conti­nui­té de l’isolation, ain­si que celle de l’étanchéité à l’air pour maî­tri­ser la migra­tion de vapeur d’eau. Comme pré­ci­sé dans l’étude « Migration d’humidité́ et de vapeur d’eau dans les parois du bâti ancien » de Climaxion, l’idéal est de pré­voir :

• de scier le plan­cher au niveau où pas­se­ra le freine-vapeur (l’ouverture sera ain­si recou­verte par l’ITI),

• faire des­cendre le freine-vapeur jusqu’au pare­ment infé­rieur du plan­cher (s’il est com­pli­qué de le scier aus­si, notam­ment en cas de pla­fond en plâtre tra­di­tion­nel sur lat­tis de canisse…) et le rac­cor­der soi­gneuse- ment aux poutres et au pare­ment conser­vé le cas échéant, avec des pro­duits qui res­tent souples toute leur durée de vie (colle butyle, adhé­sif souple adap­té au sup­port, etc.). Laisser le lé en attente pour rac­cor­de­ment ulté­rieur au freine-vapeur cou­rant,

• faire éga­le­ment des­cendre l’isolant (en épais­seur mini­male de 5 cm) dans l’épaisseur du plan­cher.

En pré­sence d’un enduit ciment ou revê­te­ment plas­tique épais, pré­voir un déca­page si le mur en lui-même est ouvert à la dif­fu­sion de vapeur (mur en pierre non join­té, ou mur en brique ou pierre ouverte à la vapeur d’eau). Ces dis­po­si­tions per­met­tront de s’assurer que le flux de vapeur pas­sant par la poutre elle-même n’est pas blo­qué dans le mur.

Toiture et combles

Rénovation d'une grange en habitation confortable. Maître d'œuvre : ABiterre. Voir n°50.
Rénovation d’une grange en habi­ta­tion confor­table. Maître d’œuvre : ABiterre. Voir n°50.

La toi­ture est le pre­mier poste de déper­di­tion ther­mique des bâti­ments. L’isolation de la toi­ture ou des combles doit être trai­tée prio­ri­tai­re­ment. Avant tous tra­vaux, on s’assurera du bon état de la char­pente et de la bonne étan­chéi­té à la pluie et à la neige de la cou­ver­ture. L’isolation de la toi­ture est plus simple et plus ren­table que l’isolation des murs, c’est pour­quoi, il est inté­res­sant de trai­ter l’isolation des combles au-delà du strict niveau règle­men­taire trop peu exi­geant, et viser une résis­tance ther­mique plus proche de R = 10 m².K/W.

Il convient de le véri­fier sys­té­ma­ti­que­ment, mais en règle géné­rale, les combles de ces bâti­ments anciens sont consi­dé­rés comme cor­rec­te­ment ven­ti­lés. Avec des iso­lants fibreux, et si aucune sur­face de répar­ti­tion (type plan­cher) ne vient recou­vrir l’isolant, il n’est pas stric­te­ment néces­saire de mettre en œuvre un pare-vapeur côté chaud (face infé­rieure de l’isolant insuf­flé).

(Attention, si l’aménagement des combles est envi­sa­gé ulté­rieu­re­ment !). Quelle se soit la situa­tion, il fau­dra être vigi­lant dans le rac­cor­de­ment des dif­fé­rentes mem­branes d’étanchéité à l’air des murs avec celles des combles (conti­nui­té de la mem­brane). Enfin, si la cou­ver­ture doit être refaite, il fau­dra étu­dier la solu­tion sar­king (iso­la­tion par au-des­sus), dont les per­for­mances sont tou­jours supé­rieures à celles d’une iso­la­tion par l’intérieur.

Les murs

  • Les avan­tages de l’isolation par l’extérieur

Si la conser­va­tion de l’aspect exté­rieur du bâti­ment n’est pas sou­hai­tée (appa­reillage en pierre pré­vu pour être enduit par exemple), l’isolation par l’extérieur est la solu­tion la plus effi­cace d’un point de vue ther­mique (pas de ponts ther­miques) mais éga­le­ment du point de vue des trans­ferts d’humidité́ : en période de chauffe, on élève la tem­pé­ra­ture de toute la paroi exis­tante et l’eau ne peut conden­ser qu’au niveau du pare­ment exté­rieur de l’ITE. Il est ain­si pos­sible d’isoler par l’extérieur une paroi ancienne avec un iso­lant fibreux et un enduit ouvert à la dif­fu­sion de vapeur (Sd de l’ordre de 0,5 m pour le pan de bois) ou un bar­dage ven­ti­lé (sous réserve de la résis­tance des fixa­tions).

  • L’isolation par l’intérieur

Si l’augmentation de l’épaisseur des parois n’est pas réa­li­sable (sur­faces habi­tables réduites ou forte iner­tie des murs exis­tants dont il serait dom­mage de se pri­ver), on se conten­te­ra d’une cor­rec­tion ther­mique per­met­tant de cou­per l’effet paroi froide : enduit iso­lant de 5 à 8 cm, per­méable à la vapeur d’eau (chaux-chanvre, per­lite, silices expan­sées, terre-paille, lam­bris inté­rieurs…) Attention pré­voir 30 jours de séchage pour un enduit chaux-chanvre ban­ché !

Pour une meilleure per­for­mance, une iso­la­tion par l’intérieur des murs anciens sera réa­li­sée avec des iso­lants végé­taux ouverts à la dif­fu­sion de vapeur, un frein-vapeur hygro­va­riable et un pare­ment tout autant res­pi­rant. Il est éga­le­ment pos­sible de créer un cais­son en pan­neau de fibre de bois sup­port d’enduit puis d’y insuf­fler un iso­lant végé­tal en vrac. Si le risque de remon­tées capil­laires existe, la par­tie sou­bas­se­ment maçon­né́ pour­ra être dou­blée de 4 cm de liège (exemple du bâti à pans de bois).

Il est éga­le­ment pos­sible de mettre en œuvre cer­tains bétons cel­lu­laires en pan­neaux (dis­po­nibles à par­tir de 60 mm d’épaisseur) ou des pro­duits sili­co-cal­caires en pan­neaux (sili­cate de cal­cium micro­po­reux, épais­seur à par­tir de 25 mm). Ces pan­neaux se mettent en œuvre col­lés par un mor­tier adap­té. Un pri­maire d’accrochage peut être néces­saire en fonc­tion du sup­port. Ceci ne peut être réa­li­sé que sur des murs rela­ti­ve­ment plans et droits. Identifier les solu­tions de trai­te­ment de l’étanchéité à l’air avant de com­men­cer les tra­vaux !

Exemple de rénovation de type "boîte dans la boîte" avec cette magnifique réhabilitation d'un chai en Charente, cette organisation a permis de conserver en l'état la façade sud-est en serrurerie et verre simple vitrage, tout en créant une habitation au confort d'aujourd'hui (RT2012 neuf !). Arch. Alterlab. Habitat Naturel n°52.
Exemple de réno­va­tion de type “boîte dans la boîte” avec cette magni­fique réha­bi­li­ta­tion d’un chai en Charente, cette orga­ni­sa­tion a per­mis de conser­ver en l’é­tat la façade sud-est en ser­ru­re­rie et verre simple vitrage, tout en créant une habi­ta­tion au confort d’au­jourd’­hui (RT2012 neuf !). Arch. Alterlab. Habitat Naturel n°52.

Pierre ou pierre ?

Comme pré­ci­sé́ dans l’étude « Migration d’humidité́ et de vapeur d’eau dans les parois du bâti ancien » de Climaxion, l’isolation par l’intérieur des murs en pierre néces­site une atten­tion par­ti­cu­lière, notam­ment pour la pro­tec­tion à la pluie bat­tante (cer­taines pierres absorbent la pluie, il faut les pro­té­ger) et la per­méa­bi­li­té́ à la vapeur d’eau : le fac­teur de dif­fu­sion mu varie de 10 à 10 000 selon la nature de la pierre ce qui implique un choix dif­fé­rent de mem­brane d’étanchéité à l’air pour res­pec­ter le prin­cipe de per­méa­bi­li­té crois­sante.

Ainsi, les cal­caires tendres, molasse, tuf­feau, grès tendres non enduites devront être pro­té­gées de la pluie impé­ra­ti­ve­ment (μ <70), tout comme les cal­caires durs (μ de 100 à 300).

Les schistes, ardoises, gra­nite, basalte, cal­caires très durs, marbre n’absorbent pas la pluie (μ >500).
Le plus effi­cace pour ce type de bâti reste l’ITE avec un iso­lant et un enduit ouvert à la dif­fu­sion de vapeur ou un bar­dage.

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