Photo de une : Aéromax5 de Thermor
Avec l’évolution de la performance énergétique, un logement récent consomme davantage d’énergie pour l’eau chaude sanitaire que pour le chauffage. Respecter la nouvelle réglementation thermique (RE2020) implique la mise en place de solutions plus efficientes. Le CET ou chauffe-eau thermodynamique se généralise. Présenté comme l’avenir du classique cumulus électrique, il est doté de meilleures performances, avec une consommation d’électricité réduite.
Source : Jean-Paul Blugeon – Habitat Naturel n°44.

Comment ça marche ?
Le chauffe-eau thermodynamique est un cumulus doté d’une mini pompe à chaleur (PAC) qui transfère la chaleur d’un milieu froid vers un milieu chaud (cycle thermodynamique frigorifique) grâce au changement d’état gaz/ liquide d’un fluide frigorigène. De type air/ eau, cette PAC mobilise les calories de l’air pour chauffer l’eau sanitaire. Par rapport à une résistance électrique (effet Joule) la PAC réduit fortement la consommation d’électricité. Quand elle ne suffit pas (en hiver ou lors de fortes consommations d’eau chaude sanitaire – ECS) une résistance électrique interne prend le relais. Certains ballons sont équipés d’un second échangeur raccordable à la chaudière du chauffage central.

Les technologies en concurrence
Elles dépendent de la provenance de l’air utilisé comme « source froide » :
CET sur air ambiant
L’air utilisé est celui d’une pièce, idéalement enterrée (garage, sous-sol ou cave, avec l’inertie thermique de la terre), non chauffée (buanderie, cellier, lingerie) mais pouvant bénéficier d’une source de chaleur « perdue » : chaudière, cuisinière, congélateur, lave-linge, sèche-linge…
CET sur air extérieur
Il existe en deux versions :
- PAC intégrée au ballon (système monobloc) : une gaine aspire l’air extérieur vers la PAC, une autre rejette à l’extérieur l’air « refroidi ».
- PAC air-air à « split » (module extérieur avec ventilateur, évaporateur et compresseur), le condenseur et le détendeur étant situés à l’intérieur avec le ballon : c’est une mini PAC aérothermique.
CET sur air extrait
Il est intercalé sur la sortie « air vicié » de la VMC (ventilation mécanique contrôlée) simple flux ou intégrant lui-même une VMC. Bien que le débit d’air (60−150 m³/h) soit bien inférieur à celui d’un CET à split (900 m³/h), les performances sont supérieures car il bénéficie toute l’année d’air chaud (19 à 28–30 °C, selon la saison) et permet de récupérer au passage une énergie qui serait perdue.
Le chauffe-eau thermodynamique : un chauffe-eau électrique efficace…

Grâce à la pompe à chaleur, les fabricants annoncent des COP (coefficients de performance) de 3,3 à 3,8 : pour 1 kWh d’électricité consommée, l’appareil en restitue 3 à 4 fois plus pour chauffer l’eau, le différentiel provenant de l’environnement. Ainsi, le CET ferait économiser 70 % sur la facture d’eau chaude, par rapport à un cumulus électrique. Notons que ce dernier est un système peu performant : si la résistance (effet joule) a un rendement de 100 %, la source d’électricité en France est à près de 90 % d’origine thermique (dont 75 % nucléaire), avec un rendement production-distribution inférieur à 30 %. Ainsi, la PAC compense une bonne partie des 70 % d’énergie perdus.
Mais ses performances se dégradent en hiver, quand la température de l’air baisse au-dessous de 8 °C. Les conditions d’installation doivent permettre au CET de fonctionner essentiellement sur la PAC, en évitant le mode « relance rapide » (pour atteindre la température de consigne de 55–60°C) avec la résistance électrique d’appoint : elle ne devrait servir qu’en cas de redémarrage après une absence prolongée, d’augmentation transitoire des besoins en eau chaude ou… de panne de PAC.
Si le COP baisse trop en hiver (2 % par degré) la résistance prend le relais en toute discrétion, au détriment de la facture d’électricité… Mais même avec un COP de seulement 1,8, le CET reste deux fois plus efficace qu’un cumulus électrique.
Enfin, il reste les questions de l’entretien de la PAC (il est raisonnable d’opter pour un contrat d’entretien annuel), de l’inévitable perte de fluide frigorigène sur le long terme (à compenser) et de la longévité de la PAC, généralement garantie seulement 1 an.
Des performances thermiques liées à la technologie
CET sur air ambiant
le chauffe-eau thermodynamique monobloc sur air ambiant est destiné à être installé dans un local non chauffé, hors gel, bien isolé des pièces voisines et d’un volume d’au moins 20 m3 (cave ventilée, garage, buanderie non chauffée, chaufferie, sous-sol,…).
CET sur air extérieur
le chauffe-eau thermodynamique monobloc gainé sur air extérieur est installé dans le volume habitable. Il est équipé de gaines pour aspirer et rejeter l’air à l’extérieur, son installation est recommandée dans un cellier, une buanderie chauffée ou un local technique.
En version split : le chauffe-eau est dans le volume habitable, et la pompe à chaleur, à l’extérieur. Les 2 parties sont reliées par une liaison frigorifique pour transférer la chaleur de l’unité extérieure vers le chauffe-eau ; son installation est recommandée dans un placard, une salle de bains, un cellier. Soumis aux variations des conditions extérieures qui dégradent la performance moyenne annuelle, il fonctionne moins bien en hiver, en particulier en régions froides et en altitude.
CET sur air extrait (VMC)
c’est la meilleure configuration, grâce à la stabilité de la température de l’air qui est toujours à plus de 15°C. Ceci étant, il s’agit d’une VMC simple flux, en optant pour ce type de CET on s’interdit l’évolution vers une VMC double flux.
Les chauffe-eau thermodynamiques « marginaux »
Ils n’utilisent pas l’air comme source froide :
- CET à capteurs aérosolaires (sorte de capteurs solaires où circule le fluide) : le COP est amélioré (6 à 7 annoncés) mais le prix est supérieur à celui d’un chauffe-eau solaire
- CET à capteurs géothermiques (réseau de tubes enterrés à faible profondeur, où circule le fluide) : sur le même principe que le chauffage géothermique, le prix est également élevé
- CET sur le retour de plancher chauffant (20 à 25°C) : présente peu d’intérêt car il prélève l’énergie sur le poste « chauffage », sauf si ce dernier fonctionne au bois.
CET sur air ambiant : les contraintes d’installation
Le local doit faire au moins 6 m² ou 20 m³. L’air ambiant doit rester dans la fourchette 15–35 °C. S’il risque de descendre à moins de 10°C il vaut mieux renoncer à y installer l’appareil. Pour éviter de refroidir le logement, la pièce doit être située en dehors de la zone habitable chauffée, avec une isolation thermique entre les deux. Éviter la contiguïté avec une chambre, en raison du bruit en fonctionnement, plus fort qu’un congélateur ou une VMC.




