Choisir une chaudière à bois

mardi 7 novembre 2023 | Le chauffage au bois

Photo de une : Hargassner

Alternatives aux chau­dières à fioul, gaz ou élec­tri­ci­té, les chau­dières bois sont tout aus­si per­for­mantes pour ali­men­ter un réseau de chauf­fage cen­tral. L’offre est éga­le­ment vaste qu’il s’agisse de chau­dières à ali­men­ta­tion manuelle ou de chau­dières entiè­re­ment auto­ma­tiques. Voici com­ment pré­voir son ins­tal­la­tion et bien dimen­sion­ner l’appareil pour un usage adap­té à vos besoins. 

GMX EASY 35 de Morvan, installation mixte bûches/granulés. Voir n°81
GMX EASY 35 de Morvan, ins­tal­la­tion mixte bûches/granulés. Voir n°81

Les chaudières à bois bûches

Parmi les 16 600 chau­dières à bois domes­tiques ven­dues en 2010, 11 700 étaient à bûches ! Dans ce domaine, la gazéi­fi­ca­tion se géné­ra­lise et ces chau­dières sont deve­nues tout aus­si per­for­mantes que les autres. Reste à bien choi­sir !

“Le pre­mier cri­tère à prendre en compte est l’autonomie de la chau­dière”

Répandues en milieu rural où le com­bus­tible est dis­po­nible loca­le­ment, les chau­dières à bûches sont encore très pré­sentes en France, mais bien sou­vent ce sont de vieux modèles peu per­for­mants, voire pol­luants, sou­vent mixtes fioul/bûches, reliées en direct sur les radia­teurs. Il est sou­hai­table de rem­pla­cer ces chau­dières.

Quand choisir une chaudière à bûches ?

Rustiques, elles conviennent sur­tout en réno­va­tion pour des mai­sons mal iso­lées (et dif­fi­ci­le­ment amé­lio­rables) qui ont de grands besoins en chauf­fage (châ­teaux, mai­sons de maître, fermes anciennes…)

Contrairement aux chau­dières à gra­nu­lés ou à pla­quettes, la chau­dière à bûches ne peut être auto­ma­ti­sée pour l’alimentation en com­bus­tible. Toutefois, la pré­sence d’un bal­lon tam­pon (pou­vant assu­rer aus­si l’eau chaude sani­taire et éven­tuel­le­ment être ali­men­té par du solaire ther­mique) per­met, s’il est bien dimen­sion­né, de dis­po­ser d’un, voire deux jours d’autonomie avant de devoir ral­lu­mer la chau­dière (prin­cipe d’hydro-accumulation).

L’inconvénient de la manu­ten­tion des bûches est tou­te­fois com­pen­sé par le faible coût du com­bus­tible (le moins cher de tous, voire gra­tuit s’il est cou­pé par le pro­prié­taire lui-même) et le coût réduit de la chau­dière par rap­port aux chau­dières auto­ma­tiques.

Stockage du combustible

Il fau­dra pré­voir un espace de sto­ckage des bûches à proxi­mi­té de la chau­dière, suf­fi­sam­ment grand et pra­tique pour faci­li­ter le char­ge­ment. Certaines n’acceptent pas de bûches de plus de 33 cm, mais la plu­part vont jusqu’à 50 cm, voire 1 m pour de grosses puis­sances (Hargassner). 

Gazéification

Dans ces chau­dières, la com­bus­tion monte à plus de 1 000 °C et brûle tous les gaz de com­bus­tion. Le long tra­jet par­cou­ru par les gaz dans la chambre de post­com­bus­tion à haute tem­pé­ra­ture donne le temps néces­saire au pro­ces­sus de com­bus­tion de s’effectuer com­plè­te­ment. Le bois brû­lé ne pro­duit ain­si que 0,4 % de cendres soit envi­ron un demi seau par semaine qui peut être uti­li­sé comme engrais dans le jar­din et qui ne dégage aucune pol­lu­tion dans l’atmosphère.

Ballon tampon ou non ?

Si ce n’est pas encore obli­ga­toire, il est for­te­ment recom­man­dé (entre autre par Qualibois) de connec­ter sys­té­ma­ti­que­ment les chau­dières à bûches à un bal­lon, « en hydro-accu­mu­la­tion », plu­tôt que direc­te­ment au réseau des radia­teurs. Ce sys­tème per­met d’optimiser les per­for­mances de la chau­dière en sup­pri­mant les phases pol­luantes de fonc­tion­ne­ment au ralen­ti, d’espacer les char­ge­ments, de ral­lon­ger la durée de vie de la chau­dière (moins de cor­ro­sion) et de mieux régu­ler la cha­leur émise. En revanche, le bal­lon est un sur­coût non négli­geable dans l’installation et occupe un grand volume. Le sys­tème per­met tou­te­fois d’assurer éga­le­ment l’eau chaude sani­taire au bain-marie et faci­lite les cou­plages solaires. Les chau­dières peuvent ali­men­ter des plan­chers et murs chauf­fants basse ou moyenne tem­pé­ra­ture, dès lors qu’il y a un bal­lon tam­pon. Comptez envi­ron 1000 € un bal­lon de 1000 litres, voire plus pour des bal­lons dotés de dis­po­si­tifs de stra­ti­fi­ca­tion per­for­mants (par exemple en cas de cou­plage avec du solaire ou une autre chau­dière). Il faut comp­ter 100 litres par kilo­watt ins­tal­lé. Le bal­lon doit pou­voir emma­ga­si­ner au mini­mum les ¾ de l’énergie déga­gée par une charge de com­bus­tible.

Critères de choix

La taille du foyer et des bûches, l’allumage auto­ma­tique ou non, le net­toyage auto­ma­tique ou manuel, la régu­la­tion, l’extraction des fumée à l’ouverture de porte lors du char­ge­ment, la taille du cen­drier, les infor­ma­tions sur la tem­pé­ra­ture du bal­lon, l’état du cen­drier, la durée de la garan­tie (de 3 à 7 ans)… sont autant de cri­tères à prendre en compte. L’utilisateur devra vider le cen­drier envi­ron une fois par semaine. Il fau­dra éga­le­ment net­toyer le foyer si la chau­dière ne pré­voit pas cette option de façon auto­ma­tique.

Les solutions mixtes

La chau­dière bûche peut être cou­plée avec une autre chau­dière qui prend la relève dès qu’il n’y a plus de bûches. C’est une solu­tion idéale, lorsque l’on a une chau­dière fioul récente par exemple qui per­met notam­ment de conser­ver une mai­son chauf­fée même en cas d’absence. Il existe éga­le­ment des modules gra­nu­lés qu’il est pos­sible d’associer à la chau­dière bûches (FrölingEta…) et des chau­dières mixtes bûches /granulés avec deux chambres de com­bus­tions dis­tinctes (Morvan, HS).

Les chaudières automatiques

La PE1C de Fröling a trouvé place dans le garage à côté du silo Cube500. Au 1er plan le ballon tampon de 850 l. Voir n°81
La PE1C de Fröling a trou­vé place dans le garage à côté du silo Cube500. Au 1er plan le bal­lon tam­pon de 850 l. Voir n°81

Les chau­dières auto­ma­tiques à bois apportent aujourd’hui le même confort et la même auto­no­mie que les chau­dières à éner­gie fos­sile. Type de com­bus­tible, dimen­sion­ne­ment, entre­tien… voi­ci les points essen­tiels pour bien choi­sir.

“La régu­la­tion est un para­mètre de confort impor­tant, car la chau­dière doit pou­voir répondre
rapi­de­ment à vos demandes et le plus fine­ment pos­sible”

Plaquettes ou granulés ?

Si vous êtes en zone rurale, le bois déchi­que­té ou pla­quette s’impose, sur­tout s’il y a un grand volume à chauf­fer. C’est le moins cher des com­bus­tibles pour chau­dières auto­ma­tiques. De plus en plus de livreurs s’équipent de camions souf­fleurs de pla­quettes. Comme pour le gra­nu­lé, la pla­quette est alors direc­te­ment souf­flée dans le silo et il n’y a plus de manu­ten­tion. Si ce n’est pas le cas, il fau­dra un pas­sage de 4 m pour l’accès des camions et, si la livrai­son ne se fait pas en grap­pin par le toit du silo, il fau­dra un trac­teur ou un sys­tème auto­ma­ti­sé pour char­ger la pla­quette dans votre silo une fois le camion vidé. Dernière contrainte, il fau­dra un silo plus impor­tant que pour le gra­nu­lé, la puis­sance calo­ri­fique de la pla­quette étant infé­rieure (ou alors faire plu­sieurs livrai­sons à l’année). La chauf­fe­rie (chau­dière et silo) peut être éloi­gnée de la mai­son et rac­cor­dée par des liai­sons enter­rées. Les tubes sont aujourd’hui conçus pour ne perdre qu’un degré tous les 100 m.

Les chaudières bois à plaquettes

Soufflage de plaquette pour une installation Hargassner. Voir n°64
Soufflage de pla­quette pour une ins­tal­la­tion Hargassner. Voir n°64

Les chau­dières auto­ma­tiques à pla­quettes ont des ren­de­ments de 70 à 94 %. Leur puis­sance va de 20 kW à plu­sieurs méga­watts, leur auto­no­mie varie de 1 jour à plu­sieurs mois. Elles sont ali­men­tées par du bois déchi­que­té et/ou de la sciure. L’investissement total est com­pris entre 20 000 € et 30 000 € pour les chau­dières indi­vi­duelles, hors sub­ven­tions et cré­dit d’impôt.

Les chaudières bois à granulés

Chaufferie Ökofen, avec la chaudière bois et son silo à granulés, voir n°84.
Chaufferie Ökofen, voir n°84.

Ces chau­dières ont un ren­de­ment encore meilleur, de 80 à 97 %. Plus com­pactes, elles sont plus faciles à inté­grer dans l’existant et peuvent être éloi­gnées du silo jusqu’à 15 m (ali­men­ta­tion par aspi­ra­tion). Leur puis­sance oscille entre 3,9 kW et plu­sieurs méga­watts. Le coût de l’investissement total est com­pris entre 15 000 et 20 000 €, hors sub­ven­tions et cré­dit d’impôt. On trouve depuis peu des petites chau­dières adap­tées aux mai­sons per­for­mantes à faibles besoins. Des chau­dières à conden­sa­tion à gra­nu­lés com­mencent à appa­raître sur le mar­ché (Ökofen). Cette tech­no­lo­gie per­met de gagner encore 2 à 3 % de ren­de­ment.

Fonctionnement

La chau­dière puise auto­ma­ti­que­ment le com­bus­tible dans le silo par aspi­ra­tion ou vis sans fin et rem­plit sa tré­mie. Une vis sans fin ali­mente ensuite le foyer en fonc­tion des besoins. Une fois réglée, elle fonc­tionne aus­si sim­ple­ment qu’une chau­dière fioul. Elle régule son allure, s’arrête et redé­marre auto­ma­ti­que­ment sans l’intervention de l’utilisateur, qui n’aura qu’à rem­plir régu­liè­re­ment le silo.

Régulation

La plu­part des chau­dières sont pour­vues d’une régu­la­tion avec sonde lamb­da ou équi­valent. Cette modu­la­ri­té inté­grée favo­rise la marche au ralen­ti qui, comme pour les poêles à gra­nu­lés, n’est pas pré­ju­di­ciable pour une chau­dière auto­ma­tique. La sonde par­ti­cipe aus­si au contrôle du niveau de com­bus­tion pour limi­ter les pol­lu­tions. Elle évite théo­ri­que­ment le recours au bal­lon tam­pon, même si cer­tains fabri­cants recom­mandent la pose en hydro-accu­mu­la­tion.

Le bal­lon per­met d’amortir les courbes de tem­pé­ra­tures et d’éviter la suc­ces­sion d’allumages et d’arrêts, qui sont les phases les plus pol­luantes et au ren­de­ment le moins bon. En revanche, il mul­ti­plie les déper­di­tions ther­miques et alour­dit le bud­get. Notons que le bal­lon tam­pon est plus inté­res­sant s’il y a pro­duc­tion d’eau chaude sani­taire inté­grée (bal­lon double emploi).

Puissance

Il fau­dra déter­mi­ner la puis­sance néces­saire en fonc­tion des besoins de votre mai­son. Si votre chau­dière est équi­pée d’une régu­la­tion, elle s’adaptera sans pro­blème à votre demande, sous réserve de ne pas avoir été sous-dimen­sion­née. Si elle ne l’est pas, il fau­dra viser au plus près de vos besoins. Votre ins­tal­la­teur cal­cu­le­ra la puis­sance néces­saire en fonc­tion du volume à chauf­fer, du degré d’isolation, de l’occupation de la mai­son et des éven­tuelles autres sources de cha­leur. Pour une mai­son de 100 m², moyen­ne­ment iso­lée, une puis­sance de 8 à 10 kW est géné­ra­le­ment suf­fi­sante. Si vous envi­sa­gez d’agrandir la mai­son plus tard, il fau­dra l’anticiper. 

Entretien

Du fait du très grand ren­de­ment de com­bus­tion de ces chau­dières, le décen­drage du foyer n’est qu’une for­ma­li­té. S’il est auto­ma­ti­sé, il suf­fi­ra de vider le cen­drier une fois par semaine ou par mois selon les chau­dières.

Comme pour toute chau­dière, pré­voir une visite annuelle de votre chauf­fa­giste dans le cadre d’un contrat de main­te­nance. Ces mer­veilles de tech­no­lo­gies sont par­fois déli­cates à régler au départ. Assurez-vous de la dis­po­ni­bi­li­té (au moins au télé­phone) et du sui­vi de votre ins­tal­la­teur. La majo­ri­té des inter­ven­tions après vente sont liées à un pro­blème de qua­li­té du com­bus­tible ou de sa livrai­son.

Comparer les prix…

Attention, lorsque vous étu­die­rez les prix, de com­pa­rer ce qui est com­pa­rable, cer­tains fabri­cants (autri­chiens notam­ment) n’incluant pas dans le prix de la chau­dière, la régu­la­tion et le sys­tème d’extraction.

Vous êtes équi­pé d’un plan­cher chauf­fant ? Assurez-vous que votre chau­dière est capable de pro­duire de la basse tem­pé­ra­ture. Si ce n’est pas le cas, il faut un sys­tème 3 voies ther­mo­sta­tiques qui recycle l’eau sor­tant de la chau­dière à 70 °C vers le retour froid (60 °C mini­mum) pour évi­ter la conden­sa­tion (point de rosée).

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