Le 24 novembre 2025, Odéys et Chanvre Nouvelle-Aquitaine organisaient un colloque sur le chanvre avec la présence de l’association nationale Construire en Chanvre. L’occasion d’exposer les travaux en cours de l’association. Nées en 2007, les Règles Professionnelles ont été mise à jour en 2012, puis en 2024, ces dernières ne concernant que les parois verticales (murs, cloisons, doublages) pour pouvoir intégrer les immeubles de 3e famille (R+9). Les enduits et l’ITE chaux-chanvre feront donc l’objet de nouveaux textes (projet “Ne-C‑C’ITE”», financé à hauteur de 1,5 million d’euros par France 2030). Pour autant, à entendre les experts présents à ce colloque : il n’y a aucune sinistralité dans le chaux-chanvre. De quoi rassurer les assureurs (représentés au colloque par la SMABTP) qui, s’ils sont informés en amont, acceptent de couvrir des techniques non courantes, parfois sans surprime, pour peu que l’entreprise ait été formée, soit expérimentée et dimensionnée pour son chantier et suive les règles de l’art avec des produits certifiés (voire les règles professionnelles de 2012 à défaut des nouveaux textes). La SMABTP a rappelé l’existence d’« attestations nominatives de chantier », extension d’assurance dédiée à un chantier donné. Même constat pour les chantiers de terre-chanvre – également technique non courante -, pour lesquels la formation dispensée par Arthur Helloin de Ménibus, via MATELOW est reconnue. Ce dernier a rappelé que les interrogations des bureaux de contrôle étaient légitimes, mais que leurs exigences devaient être dimensionnées aux moyens des filières concernées (les tests au CSTB coûtent très cher !) Les contrôleurs techniques (représentés par l’APAVE), souhaitent également être impliqués dès la conception des projets hors technique courante afin d’anticiper sur les exigences à produire. Autre projet en cours pour Construire en Chanvre, Pythagore, vise sur 3 ans à caractériser les qualités hygrothermiques (qualités hygriques, chaleur spécifique…) des bétons végétaux, exclus de facto des aides des CEE, basées uniquement sur la conductivité thermique, inadaptée pour ces matériaux. Le colloque a permis de dévoiler les projets de préfabrication de béton de chanvre de l’entreprise Moreau-Lathus qui nécessitera à lui seul 160 ha de culture de chanvre. De quoi booster les 10 groupements de chanvriers de la région qui visent 500 ha de culture en 2026. Bref, pour développer la filière, il faut former plus d’agriculteurs, plus d’artisans, cumuler des retours d’expériences pour gagner en fluidité et surtout ne pas hésiter à impliquer toute la chaîne dès la conception des projets innovants ! www.construire-en-chanvre.fr – www.chanvre-na.fr – www.odeys.fr
Photo : Saint-Astier




